Laissons sur le côté le rappeur Stanley, père fondateur de Hein Père, de soldier like my papa, qui a été invité par le légendaire 2 Face et la célèbre Nyanda, laissons ses records de 1er artiste camer à remporter un Mtv Africa, à faire une prestation au cœur de Mfandena en plein match des Lions, laissons de côté ses deux Canal d’or, son Afrimma Awards à Dallas, son invitation à la présidence du Cameroun, ses tournées dans le monde et ses multiples interviews, oui laissons de côté la jeune star inattendue, la star controversée à l’égo surdimensionné, laissons le rappeur accusé de viol et de meurtre, d’insolence notoire, de fidèle de sectes pernicieuses et de réseaux mafieux, accusé de porter les chaines en or douteux, et de nombreuses écorces et fétiches concoctés par les plus grands marabouts de Bayangui, laissons l’artiste aux nombreux procès les uns aussi violents que les autres, laissons le rappeur aux clips chics, chers, mais avec des textes que les « spécialistes » des généralités qualifient de vides et fades, laissons tous nos préjugés, nos sentiments personnels, nos jugements de valeurs, nos haines et nos jalousies, laissons de côté que Stanley Enow soit oui ou non le meilleur, le plus talentueux, qu’il soit un arriviste, un parvenu, qu’il ne soit même pas beau ni sapé comme jamais, qu’il n’a pas mérité du tout sa deuxième nomination au MTV, aux Afrimma, ou encore aux Koras, qu’il soit encore à l’aube de sa carrière, que Richard Bona et Fally n’auraient pas dû le féliciter, admettons que ses initiales (S.E) soient un malheureux hasard avec ceux de Samuel Eto’o et qu’il serait très loin d’être un légendaire,

…même ça laissons seulement, laissons ça sur le côté, et intéressons nous à l’essentiel, à la réalité, la substantifique moelle comme disait le poète, intéressons nous à ce jeune qui n’a pas encore franchi la trentaine, né dans une famille modeste et relativement nombreuse, qui a évolué et évolue dans une société qui peine à construire une nation véritable au sein de laquelle il n’existerait pas d’ostracisme, de discrimi-nation, des clans ethniques, qui n’a pas toujours résolu l’épineux problème de si oui ou non elle compte sur sa jeunesse pour relever le défi du développement des choses, des idées et des individus, mais qui installe au jour le jour un système de mise à mort publique et sans honte de tous ceux qui aimeraient par eux mêmes tenter d’escalader le rideau de fer qui sépare ceux qui ont de ceux qui n’ont pas, qui n’ont droit à rien, cette société qui refuse de s’enseigner et d’enseigner les autres, qui refuse de se renseigner et de s’interroger sur soi-même, une société qui nie toute initiative personnelle, et veux faire croire à toute une jeunesse, constituant plus de la moitié de sa population, que son tour viendra, et que le moment n’est pas à l’empressement dans l’entreprise, cette société a quand même réussi à formater l’esprit exigu des jeunes à accepter l’inacceptable, comme quoi pour réussir il faut se faire parrainer, moyenner des sous, et prendre sa carte d’adhésion du parti au pouvoir où de celle des sociétés secrètes qui le garantirait,

…c’est incroyable mais c’est vrai, que c’est dans cette société où plusieurs ont jeté l’éponge, se sont résignés, ont jeté les armes avant d’avoir combattu, découragés par l’incohérence des voies et moyens, par l’occultisme des démarches, et par le vampirisme de l’évolution sociale, or c’est dans cette même société, où les jeunes passent le temps à boire à leur faim et à manger à leur soif, à fumer « les substances qui anesthésient leurs désirs et noient leurs capacités », s’envoyer en l’air sans parachute, c’est là où le gahou a percé, sorti des sentiers battus pour défricher son propre chemin, très tôt il a voulu être une super star de la musique, et il ne cachait pas ses ambitions devant la matraque colérique de son soldat de père qui voulait qu’il soit un sur-diplômé, il n’a pas voulu tuer le Mozart qui suffoquait en lui, mais l’a capitalisé, a pris dès le bas âge les reines de son destin, de l’école primaire au lycée, à Bafoussam, ses camarades voyaient déjà en lui une star, et il l’était, les pointilleux Serge Pouth et Châtelain ont pu le confirmer lors de son stage à la Poala Fm, dès son arrivée à la capitale du show bizz, il pose ses valises dans la cité noire d’un certain Tony Nobody, c’est là qu’il va apprendre dans le silence de ses actions et de ses ambitions, l’art de la guerre, l’art de la réussite, tant dans la vie que dans son art, d’ailleurs, la cité noire était baptisée la maison de l’art, elle avait le vent en poupe, tout le monde voulait en faire partie, Stanley le vivait autrement, lui qui était le seul témoin des grands coups qu’il donnait à l’ombre des spot lights, mais il y apprend l’observation, la curiosité, la discipline, la patience et les ficelles du métier,

…trois ans plus tard, il décide aussi de se réaliser, de quitter la cité-sic, cimetière de la jeunesse intellectuelle, de quitter la maison du père et devenir lui même le père, quitter le kingdom, devenir le king et fonder son empire, trois ans plus tard, malgré tout ce qu’on peut penser de lui, par rapport à la grande majorité des jeunes camerounais de toutes les couches, les catégories et les sensibilités, on peut et doit admettre que Stanley Enow a tiré son épingle du jeu, il est sorti du lot, de la masse, s’est défoulé de la foule et est devenu un leader de sa génération, il n’a pas fallu que Barack Obama l’invite à la maison Blanche pour qu’on puisse s’en rendre compte, car jadis, il a su se construire un rêve et se donner les moyens de le réaliser, a transformé ses rêves en success story, et donne ainsi un signal fort à toute une jeunesse qu’il est un modèle à copier, un exemple à suivre, et qu’il y’a encore les raisons d’espérer…

Twitter @Monsieur2035

#MrBuzz

Stanley Enow: de la cité noire à la Maison Blanche!
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