REVENGE BORN: Princesse Eva n'a plus la tête sur les épaules

Si la petite Eva n’avait pas existé, qui aurait eu le cœur pour la créer, pour la mettre au monde, dans ce pays sans foi ni loi, ce monstre froid qui ment froidement qu’il est un pays de paix et de vie. Elle n’a pas demandé à vivre, et à mourir non plus. Son seul péché s’est d’être sortie des entrailles d’une femme qui a choisi malgré elle de se faire féconder et accoucher dans cette géante morgue. Mais comment pouvait’il en être autrement, dans ce type de pays où on ne vit de rien mais où on meurt de tout. Où règne une cruelle banalité du mal et de la mort, si bien que le mort devient un sujet de raillerie et de divertissement. Un pays où les veillées mortuaires sont des moments inédits de fête et de réjouissances, les enterrements sont le lieu privilégié du boire, du manger et du danser. La mort est devenue une manière de vivre et d’exister qui est propre à chacun de nous. Et chacun vit chaque jour comme si c’était le dernier, se couche avec la ferme assurance qu’il n’est pas sûr ni certain de voir le soleil se lever. Ici tout le monde se socialise à l’idée de donner la mort, le frère à la sœur, la sœur au père, le père à la fille, la mère à l’inconnu.

La mort n’étonne plus personne, nous sommes tous plus morts que vifs, des égorgés vifs, des morts ambulants, au mieux des morts vivants qui n’attendent qu’à être précipités dans la fosse qui sert de sépulture. Que l’on meure dans le secret total de l’isoloir de nos chambres, ou de manière collective dans un accident de la route où en plein marché au Nord ; qu’on meure en héros au champ de bataille ou en zéro dans les hall d’un hôpital public pour avoir manqué l’argent pour se soigner ; nous ne seront qu’un mort de plus au séjour des vivants qui n’attendent qu’à mourir silencieusement à leur tour. Que des filles se fassent empoisonner dans les ambiances de nuits, se fassent violer à sexes et à visages découverts sans oser se plaindre, qu’elles se fassent dépecer les géniales parties génitales en toute réjouissance ; qu’un bébé puisse être enlevé sur le sein de sa mère, une fillette enlevée en recréation dans sa cour, qu’on la cherche sans trouver, et qu’on la trouve sans vie, sans tête ni queue, sans âme ni sourire ; l’attention et la compassion des uns et des autres sera toujours retenue par des histoires pimentées.

Comment fait’on pour vivre dans un pays où les jeunes vendent leur corps à l’argent et leur âme au diable ; où l’Etat a confié l’éducation de nos enfants aux maitresse du sexe, et aux maitres dans l’art de la médiocrité. Où les vieux veulent conserver le pouvoir, veulent y mourir et partir avec. Où ils ont imposé ce que Achille Mbembé a appelé la « nécropolitique ». C’est un système où ceux qui dirigent décident seuls de ceux qui vivent et de ceux qui vont mourir. Comment la petite Eva a t’elle réussie à y vivre, elle ne pouvait qu’échouer sur cette plage où reposent nos péchés incommensurable comme ces cristaux de sables qui brillent sur chaque léger rayon de soleil. Où nous avons justifié le crime et criminalisé la justice, dans ce type de cimetière triangulaire, comment garder la tête sur les épaules.

Texte dédicacé à la mère de la princesse EVA et à toutes celles qui prennent encore le risque de donner la vie dans ce pays.

Plus jamais le crime, sous toutes ses formes, ne reste impuni, Plus jamais.

PS: j'ai écrit d'un coup...de coeur, sans avoir pris la peine de me relire, de peur d'en pleurer!!!

#4EVA

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