Le buzzomètre de janvier : le Top 5 du mois !

Je partage avec vous, en cette fin de mois qui refuse de finir, un ensemble d’évènements qui ont marqué le mois de Janvier 2017 uniquement au Cameroun. Ce sera un rendez-vous mensuel auquel on devrait s’habituer. Le buzzomètre de monsieur buzz, va se balader chaque jour sur la toile, pour essayer de capter et de détecter les buzz marquants, et les insérer dans un top 5. Il est subjectif, bien évidemment, mais avec une allure d’objectivité, au regard de l’observation et des comportements sur les réseaux sociaux.

 

Nyangono du Sud :

Il est assurément la tête de proue des évènements de buzz au Cameroun dès l’entrée en 2017. Tout a commencé avec l’annonce de son projet intitulé « le trou barbu ». Le visuel a fait le tour des réseaux sociaux, et ainsi, un artiste qui aurait déjà roulé sa bosse dans l’ombre et tristement méconnu, s’est révélé au grand public comme une star montante. La raison ? Pour avoir eu la bonne idée de proposer, pour son projet, un intitulé et une affiche pimentée. Sur le visuel, on pouvait voir très lisiblement le derrière bien bombé et dénudé d’une fille. On ne sait pas si l’image a été prise sur internet, ou c’est une fille du pays qui a accepté volontairement de se livrer ainsi aux yeux des gens. Après le visuel, qui a bien joué son rôle de teasing, le clip est arrivé comme on l’attendait. Mais encore un peu plus épicé. Une belle arnaque ! Le titre qui a été mis à jour commençait comme une chanson engagée. Comme le piment est plus fort que tout, il a viré en une seule minute vers des des vers aux frontières de la sauvagerie de mini-ferme. On a pu relever des extraits comme : « je veux ça là, ici là, maintenant là, parce que j’aime le trou, le trou barbu ». En une seule semaine, la vidéo a explosé les records de vues et de partages.    

 

Minpostel :

A partir du 13 janvier 2017, les camerounais ont été tous surpris de se réveiller avec un étrange SMS dans leur mobile, signé du Minpostel. Le message était un avertissement sans précédent. On pouvait y lire exactement « Cher abonné, l’émission et la propagation de fausses nouvelles notamment par les réseaux sociaux, sont réprimées par le Code pénal et la loi… ». Même ceux qui ne savent pas lire et ce qu’on appelle réseau social ont reçu ce sms au cas où…les abonnés de différents opérateurs vont se plaindre de l’envoie abusive des sms de ce type, et crier au harcèlement, parfois ironiquement, parfois avec sérieux. La suite des sms a détaillé le contenu de la sanction en cas de dérogation à la règle. Sous le prétexte de la lutte contre la cybercriminalité, les camerounais présents sur les réseaux sociaux n’ont pas manqué de relever la coïncidence avec le « black-out » dans la partie anglophone du pays. Pour de nombreux commentateurs, cette sortie du Minpostel sonne comme une pure intimidation. Afin de limiter le flux d’informations, vraies ou fausses, sur les forfaitures du régime en place. Face à eux, certains sont vraiment dans le tremblement, et d’autres passent par l’ironie pour démontrer le vide de cette loi. Par exemple « donc si je dis sur Facebook que je suis en train de boire la bière, et qu’on me trouve en train de boire le jus, le Minpostel va m’arrêter ? »

 

 

Maahlox :

le rappeur camerounais est déjà connu pour être un buzzeur de renom, pour sa capacité à surfer sur la vague de l’actualité en entrainant le public à le suivre dans son délire conceptuel. Pour cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’une chanson encore moins d’une scène pas très catholique dans sa vidéo. Deux ans après le dernier Canal d’Or, cérémonie de récompense des arts urbains au Cameroun, le rappeur Maahlox a été nominé  dans la liste des meilleurs artistes urbains. Sans attendre, le jeune rappeur a envoyé un communiqué piquant à l’endroit de la chaine, pour qu’on "enlève son nom" dans le spot qui était diffusé en bouche sur la chaine TV et sur les réseaux sociaux. Ses propos n’ont pas été de toute douceur. Dans son parler habituel, osé pour les uns et sauvage pour les autres, il a publié une série de posts sur son compte officiel, tirant à boulets rouge sur la chaine et quelques membres du comité d’organisation. Au regard de nombreux commentaires, on a cru voir un soutien de masse en faveur du rappeur. Il faut dire que ladite chaine avait décidé de ne plus diffuser les œuvres du rappeur, prétextant que ses titres étaient scandaleux et déviants. L’affaire a tellement secoué la toile, que le rappeur a fini par avoir gain de cause face à la grande chaine d’information et de divertissement. Et son nom a été enlevé sur les supports de communication de la cérémonie de récompense qui l’avait nominé.

 

Miss Cameroun :

ce qui crée habituellement le buzz dans une affaire, c’est son caractère inattendu, qui surprend et étonne l’entendement. On n’avait presque jamais vu un cas pareil au sujet de la Miss nationalement élue. Mais ce qui est arrivé est arrivé. Plusieurs évoquent la sorcellerie. Un beau jour, on apprend que Julie Nguimfack, la Miss officielle, a été destituée, sa couronne lui a été enlevée au bon gré de sa 4e dauphine. J’ai nommé Akomo Michèle Ange. Les camerounais se sont révoltés sur cette affaire comme si elle les concernait directement, plusieurs ont été affectés au plus profond d’eux, et n’ont pas manqué à le signaler. Ce qui ressortait habituellement dans les commentaires divers, ce sont les chefs d’accusations envers le comité d’organisation de cette affaire de miss. On l’accuse de nombreuses dérives, les unes aussi indélicates que les autres. Malgré son officialisation, la 4e dauphine devenue comme par miracle numéro 1, n’a pas reçu la caution populaire. Normalement elle n’a pas été élue. Elle est donc aux yeux du public, illégitime et même illégale à la limite. C’est la raison pour laquelle elle a essuyé de nombreuses critiques frisants les insultes parfois insupportables.

 

Ondoa :

Ondoa arrive en cinquième position, peut-être pour des raisons de chronologie, pas de degré, encore moins d’importance. Il est le buzz le plus récent, et à en croire plusieurs, le plus probant du mois. Car il est l’un des rares à avoir eu plusieurs rebondissements. Le buzz dure rarement plus d’une semaine chez nous. Mais Ondoa a eu la chance de revenir à plusieurs reprises au devant de la scène. Ceci, grâce à ses performances hallucinantes durant le dernier match de poule à la Can face au Gabon et surtout en quart, face au Sénégal. Il a même été désigné, en toute évidence, de l’homme du match. Et sur les réseaux sociaux, de "l'amour de la vie" de nombreuses filles excitées. Au delà de la prestation en demi-teinte de l’équipe en générale, des photos mises à nues de la joueuse de l’équipe nationale, des plaintes de Ngado Picket, et les soldes sans succès de camair-co vers Libreville, des problèmes éternels de primes, Ondoua a pu briller de mille feux. Il a sauvé le Cameroun à plusieurs coups de la souillure et du ridicule. Bouée de sauvetage d’un bateau flottant et semblant être programmé pour couler.    

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