Jovi s’est' il noyé dans la sauce de Reniss? découvrez le top 5 de ses copy and paste !

Jovi est certainement l’un des artistes les plus talentueux de la musique urbaine en Afrique francophone, ses compositions musicales en font aussi l’un des plus brillants producteurs. Il se laisse présenter aux yeux du public comme quelqu’un excellant de par son originalité, et la qualité de ses œuvres. Il a toujours été véhément, sur l’idée selon laquelle il est l’un des rares qui s’applique à son entreprise et il peut bien s’en vanter. Il est aussi connu comme une grande gueule, qui n’a pas sa langue dans sa poche, et ne la retire que pour tirer et non pour lécher et sucer quiconque ou qui que ce soit.

 

En fouillant un peu dans sa discographie, on peut aussi remarquer qu’il est un savant archéologue musical, qui sait bien fouiller dans les disques de papa et mama. Déterrer les musiques anciennes et les mettre au feu du jour.  Or déterrer une chanson ce n’est pas encore chanter, pour pasticher Marcien Towa. Mais Jovi ne fait pas que déterrer, il leur donne une seconde vie. Dans tous ses albums, et ceux des fidèles de la chapelle de New Bell, comme la chantre Reniss, il ne manque jamais de… « s’inspirer », pour être poli, des « anciens succès ».

J’ai donc, à partir de ma faible expérience d’écouteur de Jovi, relevé 5 chansons qui ont « inspiré »…le monstre. Pour rester dans un élan d’euphémisme. Sachant qu’il a rarement dit de manière claire qu’il s’en est inspiré… de près ou de loin.

On peut au moins lui reconnaître ce talent de chercheur, de fouilleur, de copieur et de colleur. Même comme il sait y mettre un peu de piment et d’épice pour leur donner un goût autrement nouveau.

 

 

Top 1 : You Never Know copie « mélodieuse » de Deep Forest

Dans son album H.IV, édité le 30 août 2012, l’une des meilleures chansons se retrouve sans doute à la plage 12, avec pour titre « You Never Know ». Pour ceux qui ont une culture musicale un peu aiguë, se rappellent aisément de la mélodie qui est la matrice. C’est sans aucun doute celle du groupe Deep Forest intitulée : « Sweet Lullaby ». Cette chanson a même été jadis utilisée par Ushuaïa pour une publicité bien connue. Une chanson qui fut elle même une berceuse ancienne chez les Malaita.     

Top 2 : Michael Jackson copie de R.A.S « Agnagnan »       

On ne peut pas dire que Jovi a (re)pris illégalement le nom du légendaire Michael Jackson, dans la chanson qui porte son nom en collaboration avec Reniss. On peut considérer ce clin d’œil comme une sorte d’hommage à l’artiste. Comme plusieurs dans le monde ont eu à le faire de son vivant comme après sa mort. On remarque juste que dans cette musique aux allures originales il y’a une forte présence des mélodies et des phrases issues du tube de R.A.S Agnagan parue à la fin des années 80. Avec un record des ventes évalué à plus de 130 000 exemplaires.

Top 3 : Big Vulture copie de Marya Adé « tu es plus grand »

Dans le titre « Big Vulture » publié en mars 2015, sonnait dans le milieu urbain comme une réponse à « King Kong » de Stanley Enow. Ces deux ont été longtemps classés comme les deux fauves de la jungle : le gorille et le vautour. Big Vulture dans lequel intervient Rachel est sans doute l’un des meilleurs titres du monstre Jovi. Il a su reprendre à son compte la chanson chrétienne et à succès de l’ivoirienne Marya Adé. Qui a été aussi reprise dans plusieurs langues et surtout en Anglais par les voisins nigérians.  

Top 4 : man pass man 1, 2, 3 copie de Prince Nico Mbarga

Dans son album H.I.V, Jovi s’illustre dans le titre « man pass man ». Dans l’album Mboko God, il réédite le titre. Et dans le récent album 16 Wises, à la piste 2, il aligne la 3e version de « man pass man ». A chaque coup, il réussit à faire prendre son pied à l’auditeur, même le plus discret et le moins excité. Or, ce n’est pas à force d’utiliser le titre que ça devient par le fait même sa propriété. L’expression avait déjà été utilisée par le célèbre écrivain « anglophone » Ndeley Mokoso dans son ouvrage « man pass man » publié en 1988. Il est aussi utilisé par l’artiste très connu Prince Nico Mbarga. Auteur du tube planétaire « Sweet Mother » écoulé à près de 30 millions d’exemplaires.    

Top 5 : Pitié de Rochereau Tabu Ley copie de pitié de Rochereau Tabou Ley     

Dans le premier album H.I.V, Jovi s’est fait remarquer aussi par cette belle reprise du tube atemporel de Tabu Ley, déjà remis à jour par l’un de ses nombreux fils Youssoupha dans son album « Noir Désir », toujours en featuring avec le papa. Sauf que, Jovi reprend le titre après, en featuring avec un futur mort, qui n’a participé dans cette chanson que par la force de la technologie. Mais ceux qui n’avaient jamais écouté la version de Youssoupha, et qui n’ont pas forcément vécu l’époque de Tabu Ley, et pas forcément intéressés par les classiques, ne pouvaient pas facilement capter le truc. Plusieurs supporters avaient même laissé dire que la version « copiée, collée et arrangée » de Jovi était meilleure que celle du lyriciste de Bantou.

L'ensemble des productions musicales de Jovi et celles des fidèles de la chapelle de « New Bell » comportent un nombre incommensurable de reprises de la discothèque de papa et maman. Il le laisse voir parfois, et parfois non. Le curieux doit fouiller avant de trouver. Souvent il ne fouille pas, souvent il fouille mais sans trouver.

Mais on laisse ici le soin aux autres d’y aller avec attention. Il sera frappé déjà par des titres comme « Tchana Pierre », comme « Lapiro »… qui disent assez long sur le contenu.

L’idée ici n’est pas de faire passer Jovi pour un copieur- colleur, ou encore moins un savant plagieur. Ni même celle de savoir si, en tant qu’artiste loyal, formel, et « légalisé », il prend au moins le soin d’avoir la bénédiction de tous ces artistes qu’il reprend à son compte au point d’être considéré à la fin comme leur « pater ». Ni même si il leur a payé les droits, aux vivants comme à ceux qui sont déjà morts.

Et dire que c’est dans ce registre qu’il a réussit à se faire un certain succès, peut ‘il accepter d’une manière ou d’une autre d’être autant repris par les autres artistes ou… ?

Pour finir, un artiste est’ il un super génie qui crée ce qui n’a jamais existé ou alors n’est’ il qu’un savant détecteur des belles inspirations sociales pour en faire quelque chose de beau et de populaire ?  A quel moment devient’-il le propriétaire des dossiers d’autrui ? l’Artiste qui s’inspire des autres peut’ il accepter aussi d’inspirer les autres aussi impunément ?

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