Mon entretien avec Heru Kamga : « Nous avons la technique et la technologie la plus récente du domaine »

Mon entretien avec Heru Kamga est très particulier. Je le rencontre pour la première fois il y’a 5 ans lors d’une de nos conférences mensuelles sur le livre et la lecture. En échangeant avec lui j’ai compris qu’il avait une vision à des années lumières de nous. Et 5 années après, je le confirme parce qu’il n’a pas cessé de nous étonner. Il a grandi avec le temps, ses réalisations se sont multipliées, son entreprise a pris du poids, mais il est resté le même. Le même jeune créatif, passionné et déterminé par la volonté de conquérir et de gagner sans cesse. Il fait partie des jeunes avec qui on doit devoir compter pour créer notre futur et peindre notre présent. Chance qu'il soit déjà lui-même un créatif et peintre. Il est le DG de Iboga Group, cofondé avec Rodrigue Fotso un autre génie de l'ombre qui occupe le poste de Directeur de création. Cette jeune entreprise a déjà réalisé les dizaines de spots publicitaires pour les plus grandes entreprises au Cameroun et dans la Sous-Région. Avec des appareils à la pointe des plus récentes technologie, il compte se hisser encore plus haut que ses idées. 

 

1- Heru Kamga est aujourd’hui l’un des plus grands jeunes patrons au Cameroun. Pourquoi et comment as-tu décidé un jour de devenir ton propre boss ?

Je pense que les conditions dans lesquelles j'ai grandi me prédisposaient déjà à devenir mon propre patron étant natif de l'ouest Cameroun où j'ai fais 15 ans de ma vie. Les travaux champêtres et la débrouillardise font partie du quotidien des enfants. Et aussi je suis le dernier née d'une famille monogamique de 12 enfants et mes aînés sont dans leur grande majorité des entrepreneurs à leur propre compte. J'étais à l'université de Yaoundé 1 quand j'ai commencé à entreprendre de façon sérieuse. C'était en 1er année voyant mes aînées en doctorat galérer, cela m'a interpellé. Je ne souhaitais pas vivre comme eux. J'ai continué mes cours et en parallèle j'avais mes activités qui petit à petit nourrissaient l'homme. Aussi je faisais des formations en ligne sur un concept existant ailleurs que j'ai ramené au Cameroun et ça à très bien marché voilà le début de tout. J'avais 19 ans.

 

2- Plusieurs fondateurs de grandes entreprises dans le monde n’ont jamais été des -employés. Est-ce que tu conseilles quand même aux jeunes qui veulent créer leurs entreprises de passer quand même par cette étape ?


 Il n'existe pas une formule universelle de réussite. Vous pouvez commencer dans une entreprise et finir propriétaire ou alors commencer  dans votre coin et arriver au sommet. Le seul point commun qu'on ceux qui ont réussi c'est le travail acharné les visions et la discipline.


3-. On entend de plus en plus les patrons lors des forums dire que pour être riche il faut éviter d’être salarié. Est-ce que la réalité facilite toujours ce genre de discours qui demeurent parfois des pures théories ?

Je n'ai jamais souscrit à cette approche très simpliste à mon avis, il n'y a pas de tord à être salarié. Au contraire, il faut avoir une compétence pour être salarié. De plus ceux là qui défendent cette posture : qui va travailler dans leurs entreprises si tout le monde décide d'être à son propre compte ?? Je pense que la réussite est une posture, une façon de faire, une attitude. Peu importe votre position dans la société, un employé peut aspirer à être le directeur de l'entreprise où il travaille avec son engagement et son acharnement il y arrivé et d'autre succursale de l'entreprise naîtront. Donc je ne suis pas de cet avis que le salarié est un moins que rien.


4- Tu peux nous expliquer comment tu as réussi à positionner ton entreprise comme l’une des agences incontournables dans le marché de la publicité au Cameroun ?

Iboga qui est un groupe aujourd'hui est le fruit d'un travail acharné d'une équipe de jeunes qui rêvent. Une équipe de jeunes dynamiques,  ambitieuse, déterminée. Nous avons un seul allié un seul atout : la qualité de notre travail. Nous avons la technique et la technologie la plus récente du domaine. Nous sommes très exigeants envers nous-mêmes. Se surpasser à chaque fois est notre philosophie. Et nous ne voyons pas uniquement le Cameroun. Notre travail est reconnu dans toute l'Afrique centrale et très prochainement nous comptons nous installer en Afrique de l'ouest en partenariat avec une entreprise locale.


5- Comment est ce que les jeunes avec qui tu travailles au quotidien participent à t’accompagner dans cette vision futuriste dans laquelle tu es engagée depuis des années ?

Sans ces jeunes le projet n'aurait pas cette portée. Nous sommes comme les composantes d'un corps. Chaque membre ou organe joue un rôle capital dans le fonctionnement du corps c'est pareil chez nous. Et puis nous avons un management particulier chez nous, que nous appelons le management de la responsabilité. Nous croyons en l'être humain, nous lui faisons confiance il n'y pas d'heure d'arrivée ou de départ exigé, chacun sais ce qu'il a à faire chacun sait qu'il est responsable de l'échec ou de la réussite du projet. Cela marche plutôt bien car il y des dimanches où nous sommes là comme des jours fériés. Aussi sans gêne car tout le monde travaille avec conscience et engagement pour l'aboutissement du projet.


6-   Tu portes un (sur) nom plutôt hors du commun (Heru) et le nom de ton entreprise aussi (Iboga). Quelle est la symbolique qui se cache derrière ces choix aux allures africanistes ?

Le choix du nom est très important dans toutes choses. Le fait que le colonisateur nous ait imposé des noms pendant notre domination n'est pas un hasard. Elle répond à une stratégie bien pensée et efficace pour contrôler et exploiter indéfiniment un peuple. Sur Facebook je suis plus connu comme un activiste afro-centré panafricain et non panafricaniste. J'ai pris un nom symbolique pour mener ce combat celui de : Heru (Horus chez les occidentaux) il est le symbole de la victoire du bien sur le mal le fils de la trinité primordiale.
- Iboga naturellement c'est un nom purement africain pour multiple raisons : raison idéologique et spirituelle…les dirigeants du Studio Iboga sont allés dans le paradigme du culte des ancêtres en Afrique, chercher cette plante sacrée ayant ce pouvoir de nous mettre en relations avec nos ancêtres et d'attirer leurs bénédiction.


7- Est-ce tu penses que tu es né pour diriger ou alors ce sont les conjonctures de la vie qui t’ont poussé à te fabriquer cette casquette.

Je pense honnêtement que j'étais prédestiné à cela, un mage l'avait dit à mes parents. Tout petit déjà, surtout que je descends d'une lignée royale. En même temps il ne suffit pas de croire que vous êtes fait pour diriger et que les choses par magie vont aller comment vous voulez. Les grands pouvoirs impliquent de grands devoirs. Etre un meneur demande beaucoup de facultés de vertus et de détermination.


8- Que penses-tu de l’entreprenariat jeune au Cameroun aujourd’hui ?

Je pense que l'entreprenariat jeune au Cameroun est sur la bonne voie. Je vois beaucoup de jeunes passer à l'action. Les mentalités ont considérablement évolué sur ce point je suis très optimiste.


9- Pour toi l’Afrique est’ elle une terre favorable au développement du numérique. Et quelle sont les chances de rattraper le retard accusé sur d’autres continents ?

Le seul point sur lequel je suis d'accord au sujet de mon Afrique avec les impérialistes c'est le fait que l'Afrique c'est l'avenir à tout point de vues. L'économie numérique est la 4e  révolution qui se ferra avec l'Afrique immanquablement. Il suffit juste de beaucoup travailler. L’avantage avec l'économie numérique et le digital c'est qu'on peut apprendre à distance et la créativité et l'imagination compte pour beaucoup. Contrairement à l'industrie lourde où il fallait de gros investissements. Le digital demande beaucoup moins si non juste l'intelligence et l'imagination.


10- Pourquoi le Cameroun tarde encore à embrasser le numérique malgré les nombreux séminaires et forums qui s’organisent à ce sujet ?

Le Cameroun ne tarde pas au contraire il est très en avance sur le plan infrastructurel en ce qui le concerne, le Cameroun est le deuxième pays africain à avoir son câble sous marin après l'Angola. Nous avons signé des conventions avec le Nigeria et surtout le Brésil pour 32terra bite d’internet. C'est une révolution ! Certain back up de Google, Facebook etc… Serons logés au Cameroun et précisément à Kribi. Au niveau national nous avons le déploiement de la bagbone qui couvrira tout le pays avec l'internet haut débit et à prix dérisoire. Les travaux que vous pouvez constater dans tous nos carrefours sont en fait le déploiement de cette fibre optique. C'est une niche d'opportunités et c’est à nous de la saisir. Le groupe par exemple a beaucoup de projets en rapport avec le digital qu'on vous présentera très prochainement. Au niveau de l'adoption des logiciels et l'informatisation de nos systèmes je pense que l’Etat est très conscient de cette nécessité mais en même il est prudent car n'oublions pas que nous sommes en guerre et il se décline à tous les niveaux. Informatiser nos systèmes sans tout fois maîtriser la conception de ces systèmes reste dangereux pour notre sécurité. La pénétration de l'informatisation se fera graduellement et en fonction de nos besoins et de notre capacité à contrôler cette technologie. 

 

11-  Trois auteurs ou personnalités africaines qui t’inspirent ?

Malcom x, Um nyobe, Aliko Dangoté, Sankara, ma Mère,

 

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