Les 7 péchés capitaux de ceux qui n’ont pas LU #RepubliqueDuPiment

Depuis la sortie du livre le 08 mars 2017, lors de la journée nationale du piment, plusieurs ont entendu parler du livre et en parlent sans l'avoir lu. Il était question de rompre un temps soit peu avec quelques uns de ces préjugés. Et encourager les gens à lire avant de parler, à comprendre avant de discuter. J'énumère ici 7 péchés capitaux de ceux qui n'ont pas su ni pu ou point voulu lire #Republiquedupiment.

1-Comme tous les « non-lecteurs », ils jugent le livre à sa première couverture. Ils font une fixation sur le titre de l’ouvrage, et s’en vont se masturber les cerveaux sur le contenu. De la pure sorcellerie, digne de tous ceux qui arrivent à lire une lettre cachée entre les jambes de son enveloppe.

2-Ils pensent que le livre est écrit par un aventurier qui, comme la majorité des jeunes de sa génération, se presse pour aussi « faire », pour qu’on dise qu’il a fait, qu’on l’applaudisse, qu’on le remarque et célèbre. Ils ignorent que #RepubliqueDuPiment n’est que le résultat d’un processus mis en marge depuis des décennies et qu’en réalité c’est juste le début.

3-Dans leurs têtes, c’est un livre pornographique, de faits divers, qui n’est pas différent de la soupe musicale et pimentée de nos artistes et chantres de la sauvagerie ambiante. Qu’est ce qu’il y’a de commun entre l’auteur qui critique l’usage abusif du piment dans la musique et l’artiste qui en fait son thème privilégié pour toujours espérer avoir bon échos chez un public devenu pimentophile ? Qu’est ce qu’il y’a de commun entre celui qui dit : « si j’ouvre ça sens, je parfume les bêtises et je continue mon travail» et celui qui demande aux jeunes d’ouvrir des livres et de parfumer leurs esprits ?

 4-Ils disent que dans #RepubliqueDuPiment je raconte les choses qu’ils savent déjà. Comment le savent’ils ? Ils n’ont pas lu ! Or c’est quand même le premier livre qui existe sur le « phénomène social » qu’est le « piment ». Et même si c’était le 100e livre sur le sujet, il y’a toujours à dire !!!Autant d’auteurs autant de point de vue, autant de manière de dire et d’écrire. Jesus, Abraham Lincoln, Napoléon sont les personnages les plus connus du monde. Mais on n’arrête pas d’écrire à leur sujet, des biographies d’eux se comptent en dizaines de milliers. En cette matière, on peut écrire sur tout et n’importe quoi, même sur les fourmis. D’ailleurs Bernard Werber en a fait son sujet favori, il a une dizaine de livre sur les fourmis.

5-Penser que ce n’est pas un livre scientifique. S’ils avaient seulement lu, ils auraient compris que c’est un parti pris. J’ai évité délibérément d’intellectualiser le bouquin, et l’enfermer hermétiquement dans une tour scientifico-élitiste. J’ai voulu faire simple, direct, et un peu « tordu » tout en restant sur le chemin, c'est-à-dire « la méthode ». En lisant ils auraient compris que je cite des auteurs parfois difficiles à lire et à comprendre : Achille Mbembe, Foucault…Et que je traite le sujet dans un angle socio-politique et socio-psychologique. Des disciplines qui m’ont aidé à comprendre ce qui explique que le Cameroun soit d’une manière ou d’une autre  attaché avec attention au « piment ».

6-  Ils s’imaginent qu’en écrivant je fais plutôt la « promotion » du piment, d’autres vont jusqu’à dire « prostitution ». Mais non !!!! Comme je le dis dans le livre, je fais l’éloge de ce que Foucault appelle « la mise en discours du sexe ». Parce que du piment, il faut en parler. Pas seulement dans les musiques qualifiées pour le bruit et la brutalité, pas seulement quand nous sommes ivre, ou au carrefour…Mais dans les lieux de savoir et de production de la pensée. Car on ne pourra pas atteindre le fameux pari de l’émergence sans que l’esprit des gens ne soit préparé à accueillir de nouvelles graines d’excellence.  Et pour y arriver il faut des études profondes pour comprendre pourquoi ils s’attachent plus au « manger » au « boire » et au « faire », qu’à la pensée et aux nourritures de l’esprit.

7-Penser que je partage seulement le livre à mes amis et que paye et me prosterne pour passer dans les médias.

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